17-08-11
ECLATS DE LUMIERE SUR LE GUGGENHEIM BILBAO
La collection Daskalopoulos occupe la majeure partie de l'institution avec une soixantaine d'oeuvres où sculptures et installations se taillent la part du lion. Le fascinant bâtiment de Frank O. Gehry lui offre un écrin idéal.
Dans une délicate construction de bois rectangulaire grillagée, des dizaines d'ampoules s'allument irrégulièrement, éclaboussant l'espace de lumière. L'œuvre de Mona Hattoum, occupant toute une salle, constitue une introduction idéale à l'exposition temporaire du Guggenheim Bilbao, L'intervalle lumineux.
A côté des œuvres prestigieuses de la collection permanente (lire ci-contre), on y découvre la formidable collection privée de Dimitris Daskalopoulos rassemblant des pièces de Matthew Barney, Louise Bourgeois, Kendell Geers, Thomas Hirschorn, Damien Hirst, William Kentridge, Paul McCarthy, Annette Messager, Gabriel Orozco, Walid Raad et une vingtaine d'autres grands noms de l'art contemporain des quatre coins du monde.
Constituée à partir de 1994, cette collection est montrée ici pour la première fois sur une grande échelle grâce aux relations établies depuis de nombreuses années entre le collectionneur et Nancy Spector, sous-directrice et conservatrice en chef à la Solomon R. Guggenheim Foundation.
Rassemblant plus de 400 pièces au total, la collection de ce mécène athénien devrait trouver refuge dans un nouveau musée privé de la capitale grecque dans les prochaines années. Pour l'instant, Nancy Spector y a puisé une soixantaine d'œuvres occupant, pour la première fois, bien plus que les deux étages habituellement dévolus aux expositions temporaires.
Surtout centrée sur la sculpture et les installations, en tant que rencontre entre l'architecture et la sculpture, la collection Daskalopoulos offre un panorama sur l'évolution en ces domaines durant les trente dernières années.
Du coup, c'est un véritable « best of » qui est proposé au visiteur. On commence en douceur au rez-de-chaussée avec les 15 sculptures de Gabriel Orozco, utilisant des matériaux trouvés dans la rue et les décharges publiques. Suivent l'univers mystérieux de Walid Raad qui questionne la réalité de l'information et la grande installation textile d'Alexandros Psychoulis.
Le très beau Current disturbance de Mona Hattoum introduit à un ensemble de salles où la lumière joue un rôle essentiel : projections de Paul Chan, grande salle où Kutlug Ataman a installé une quarantaine de téléviseurs dépareillés où le visiteur peut voir et entendre les habitants d'une banlieue d'Istanbul évoquer leur existence, plongée dans la caverne de Thomas Hirschorn dont les salles et tunnels sont faits de carton et de scotch brun…
Entre ombre et lumière, le voyage captive même les plus novices en matière d'art contemporain. Différents thèmes sont déclinés, rassemblant les créations de plusieurs artistes. L'Akropolis now de Kendell Geers, faite de rouleaux de fil barbelé voisine avec une cellule de Louise Bourgeois. L'univers coloré et inquiétant de Wangechi Mutu croise l'installation géante d'Annette Messager suspendue entre ciel et terre.
On redécouvre aussi des œuvres anciennes de certains artistes devenus des stars du marché. Ainsi, le très beau The Asthmatic Escaped, installation minimale de 1992, vient rappeler que Damien Hirst ne fait pas qu'aligner des pilules sur des étagères. Matthew Barney occupe une salle entière avec une partie de son cycle Cremaster et l'installation Palms de John Bock s'admire de près mais prend toute son ampleur vue de la galerie supérieure. Une possibilité de visions multiples dont le Guggenheim de Bilbao s'est fait une spécialité.
Website : Guggenheim Bilbao
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Bron/Source : Lesoir.be