08-07-11
VICTOR HORTA SORT DE CIMETIERE
L'Hôtel Aubecq était l'apothéose de l'Art nouveau créé par l'architecte belge Victor Horta. Les Musées des Beaux-Arts présentent pour la première fois au public le puzzle de pierres numérotées de sa façade. Des meubles sauvés de la destruction complètent cette exposition gratuite.
Visionnaire ou illuminé ? Victor Horta, le maître de l'Art nouveau, aurait eu 150 ans cette année. Ses innovations ont chambardé les goûts et les couleurs de l'architecture mondiale entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Mais le caractère novateur et subversif de son esthétique a fâché l'esprit petit-bourgeois catholique conservateur. Montrée du doigt pour ses extravagances, l'œuvre d'Horta a été victime d'une omerta.
La Maison du peuple du Sablon et l'Hôtel Aubecq de l'avenue Louise ont été « bruxellisés » peu après sa mort. Sa femme, Julia, et son disciple, Jean Delhaye, sauveront tant bien que mal une poignée de pierres et de ferronneries que les autorités abandonneront aux intempéries et aux herbes folles. En 1950, un subside de 300.000 francs avait permis de démonter in extremis un pan de la façade de l'Hôtel Aubecq pour le remonter ailleurs.
Un demi-siècle plus tard, les pièces de ce meccano sont présentées pour la première fois au public dans le cadre d'une exposition d'hommage à l'Hôtel Aubecq, où les Musées royaux des beaux-Arts de Bruxelles ont rassemblé les pierres numérotées et un choix de pièces du mobilier.
Construit entre 1889 et 1902, l'Hôtel Aubecq était une œuvre d'art total, dont Horta avait tout dessiné. Même les serviettes de table et le porte-parapluies portaient sa griffe ! A la mort de son propriétaire, la famille a vendu le chef-d'œuvre clé sur porte, pendules comprises, au prix du terrain. Un « immeuble de classe », traduisez un projet d'appartements spéculatif, a été bétonné sur le site.
La grâce et l'élégance perdues
Aujourd'hui, la Région bruxelloise est propriétaire des pierres numérotées de la façade. Le Musée d'Orsay, à Paris, a racheté les 46 pièces de mobilier sur mesure de la salle à manger. Le reste est irrémédiablement perdu, à l'exception de quelques objets sauvés par des collectionneurs privés ou des musées comme autant de miettes de ce somptueux moment d'architecture. Dans l'exposition des Beaux-Arts, un foyer de cheminée de marbre, une pendule à thermomètre, un garde-corps en bronze doré, une table de billard, un tabouret de velours, un chevalet, des fauteuils, des portes… témoignent de la grâce et de l'élégance perdues.
« Cette exposition est l'occasion de poser un nouveau regard sur les vestiges de l'Hôtel Aubecq, a déclaré le ministre-président bruxellois, Charles Picqué. Sa façade est devenue un morceau d'histoire de l'art, un objet archéologique. Elle est appelée demain à devenir un élément de promotion touristique et la pièce maîtresse d'un Centre d'interprétation de l'Art nouveau dont Bruxelles est la capitale. Elle y sera accessible au public et aux chercheurs. Le projet existe mais nous devons encore trouver un lieu, qui pourrait être la place Marie Janson à Saint-Gilles. »
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles
Musée Art ancien
Lieu de rendez-vous : Sales Boël et Bernheim
1er juillet > 9 octobre 2011
Website :KMSKB - MRBAB
FIC123.BE een website met info en cultuur.
Bron/Source : Lesoir.be
