28-04-11

NOUVEL ACCROCHAGE A BEAUBOURG


Le Centre Pompidou propose un nouvel accrochage de ses collections des années 1960 à nos jours
Une présentation qui se veut plus aérée, plus contemporaine et plus ouverte sur la diversité de la création, organisée autour d'une galerie centrale chronologique.
Le Musée national d'art moderne en profite pour montrer de nombreuses acquisitions récentes, que le public n'a pas pu encore voir.
Arts plastiques, photographie, architecture, design, vidéo : à travers 600 oeuvres de 200 créateurs, la nouvelle présentation tente, tout en assumant ses partis pris, de restituer la vitalité d'une période très créative.
Cette nouvelle présentation succède à elles@centrepompidou, un accrochage thématique présenté depuis mai 2009 qui était consacré aux femmes artistes.
"Nous avons cherché une respiration de l'accrochage", explique le conservateur Jonas Storsve, avec "des salles très aérées, d'autres volontairement plus chahutées, plus denses, qui essaient de rendre l'atmosphère d'une époque".
Le visiteur retrouvera, dans la galerie centrale, les grandes figures de l'art depuis les années soixante : Andy Warhol, Robert Rauschenberg, Pierre Soulages, Gerhard Richter, Louise Bourgeois, Thomas Hirschhorn...
Les principaux courants artistiques de ces décennies se déploient de part et d'autre dans des salles dédiées : l'Arte Povera italienne (Mario Merz, Michelangelo Pistoletto...), le minimalisme (Brice Marden, Robert Ryman..), le groupe Fluxus, ou, plus récemment, la peinture de figuration "qui résiste", avec entre autres un autoportrait de Martin Kippenberger, "une des plus importantes acquisitions récentes" du Centre Pompidou, selon Jonas Storsve.
Les grandes installations de la collection sont toujours présentes, qu'il s'agisse du salon polychrome d'Agam, conçu pour l'Elysée du temps de Georges Pompidou, du Jardin d'hiver de Jean Dubuffet ou de la chambre sourde emplie de rouleaux de feutre de Joseph Beuys (Plight).
Le design, secteur particulièrement fertile dans les années 60 et 70, est présenté dans un espace largement ouvert sur le hall d'accueil. Des salles thématiques accueillent la photographie, la vidéo ou l'architecture. "Des présentations qui seront renouvelées plus rapidement, tous les six mois pour certaines d'entre elles. L'accrochage n'est pas figé", souligne le directeur du musée Alfred Pacquement.
Une salle est ainsi consacrée au grand architecte brésilien Paulo Mendes da Rocha, prix Pritzker 2006, une autre à la recherche architecturale avec un édifice étonnant du cabinet THEVERYMANY du Français Marc Fornes, sorte de cabane numérique conçue pour le musée, calculée par informatique et composée de 7.000 pièces et 32.000 rivets.
La photographie estexposée par grands ensembles et séries photographiques, récemment acquises pour la plupart : une série du photographe italien Ugo Mulas, présentée dans la salle Expérimentations italiennes des années 1970 ou le travail photographique de l’artiste américain Robert Gober, 1978-2000. Une salle est consacrée aux portraits du Moyen-Orient.
L'utilisation de la couleur dans l'environnement fait l'objet d'une salle spécifique. Au travers de nombreux dessins, maquettes et d'un spectaculaire siège-sculpture de Verner Panton, sont retracées la naissance du colorisme-conseil dans la création architecturale et industrielle, et l'intégration de la polychromie dans les grands ensembles urbains.
Le nouvel accrochage tente d'ouvrir les collections à des artistes non européens comme le Nigérian El Anatsui, dont une immense et somptueuse "tapisserie" en capsules de bouteilles accueille les visiteurs, l'Américain Jimmy Durham d'origine Cherokee, le Libanais Akram Zaakar et ses collections de portraits rétro, ou la Chilienne Sandra Vasquez de la Horra aux dessins poético-oniriques.
Un gigantesque champignon, oeuvre de 2010 de Carsten Höller très récemment acquise (Giant Triple Mushroom), se dresse en point de fuite de la galerie centrale.