
La Pinacothèque de Paris ouvre des espaces supplémentaires et se dote d'une collection "permanente"
Elle sera fondée sur des dépôts de collectionneurs privés.Et, cerise sur le gâteau,la Pinacothèque accueille jusqu'au 29 mai une exposition sur les Romanov, qui ont fondé le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, et une autre sur les princes hongrois Esterhazy, dont la collection forme le coeur du musée des Beaux-Arts de Budapest.
Le lieu, espace muséal privé qui se sentait à l'étroit dans ses locaux de la place de la Madeleine, s'agrandit. Marc Restellini, son jeune fondateur (46 ans) et directeur a voulu frapper fort: aux 2.000 m² de la Pinacothèque, viennent s'ajouter 3.000 m² loués dans deux niveaux d'un immeuble voisin, rue Vignon.
D'importants travaux de réaménagement ont été menés au cours des derniers mois pour transformer cet ancien magasin de meubles en musée, avec boutiques, espace pédagogique pour les enfants et atelier de restauration.
En sus de nouveaux espaces pour les expositions temporaires, une collection "permanente" constituée de prêts de collectionneurs privés est exposée sur 800 m². "C'est la naissance d'un musée", a déclaré M.Restellini à l'AFP. "Nous ne sommes plus seulement un espace d'exposition temporaire", a ajouté cet historien de l'art de formation, atypique dans le milieu qu'il irrite parfois par ses remarques, notamment sur le métier de conservateur.
La collection comprend "environ 95 oeuvres prêtées par des collectionneurs pour une période allant de un an à quinze ans, renouvelables", selon Marc Restellini. De Tintoret à Jackson Pollock et Mark Rothko en passant par Claude Monet, Pierre Bonnard, Amedeo Modigliani ou Nicolas de Staël, les oeuvres sont de différentes époques, de différents pays.
Et comme elles n'arrivent pas toutes dans un excellent état de conservation, un atelier de restauration sera ouvert ultérieurement. Les collectionneurs sont français, italiens, américains, japonais, anglais ou suisses. "Ils me prêtent ces oeuvres sans autre contrepartie que de devoir les exposer car en général les collectionneurs sont contents de pouvoir montrer leurs tableaux", a précisé Marc Restellini. "Cette collection va vivre et elle aura un nouvel accrochage tous les six mois ou tous les ans", indique-t-il.
Son idée est de mêler les genres picturaux, les époques, pour faire "dialoguer les oeuvres", les faire vivre ensemble alors que dans un musée classique "on ne les voit jamais côte à côte". Avec cette collection, "je ne fais pas appel à la connaissance encyclopédique mais à la sensibilité du public", a-t-il expliqué avant de conclure: "Je dis aux visiteurs: 'Même si vous ne connaissez rien à la peinture, vous pouvez créer des liens entre les oeuvres. Il suffit de vous laisser aller.'"
L'art européen à la cour des Romanov et des princes Esterhazy
Si la collection permanente est un enjeu important pour le statut de la Pinacothèque, ce sont les expositions temporaires qui draineront le public et génèreront des recettes, avec les catalogues et les boutiques.
Ainsi, pour célébrer sa naissance en tant que "musée", la Pinacothèque de Paris accueille une première exposition sur les Romanov et une seconde sur les princes hongrois Esterhazy.
Jusqu'au 29 mai, la Pinacothèque montre comment ces deux familles de pouvoir - dirigeants d'un côté, diplomates de l'autre - se sont adonnées pendant plusieurs siècles à leur passion de la collection. Rembrandt, Chardin, Greuze, Titien, Velasquez: 100 oeuvres, dont 55 peintures à l'huile, acquises par quatre générations de Romanov, attestent de l'importance de l'art européen comme affichage du prestige de cette dynastie de tsars.
De leur côté, les princes hongrois Esterhazy, fidèles à la couronne impériale des Hasbourg, commencent à constituer leur collection dès le XVIIe siècle. Mais c'est Nicolas II Esterhazy (1765-1833), diplomate, en poste en Italie pour l'empire austro-hongrois, qui va lui donner une dimension universelle en achetant notamment des tableaux de Raphaël, des toiles de Claude Lorrain ou de grands noms de la peinture française. Son fils Paul Antoine (1786-1866), diplomate à Londres, achètera, lui, des Murillo et Zurbaran.
Le lieu, espace muséal privé qui se sentait à l'étroit dans ses locaux de la place de la Madeleine, s'agrandit. Marc Restellini, son jeune fondateur (46 ans) et directeur a voulu frapper fort: aux 2.000 m² de la Pinacothèque, viennent s'ajouter 3.000 m² loués dans deux niveaux d'un immeuble voisin, rue Vignon.
D'importants travaux de réaménagement ont été menés au cours des derniers mois pour transformer cet ancien magasin de meubles en musée, avec boutiques, espace pédagogique pour les enfants et atelier de restauration.
En sus de nouveaux espaces pour les expositions temporaires, une collection "permanente" constituée de prêts de collectionneurs privés est exposée sur 800 m². "C'est la naissance d'un musée", a déclaré M.Restellini à l'AFP. "Nous ne sommes plus seulement un espace d'exposition temporaire", a ajouté cet historien de l'art de formation, atypique dans le milieu qu'il irrite parfois par ses remarques, notamment sur le métier de conservateur.
La collection comprend "environ 95 oeuvres prêtées par des collectionneurs pour une période allant de un an à quinze ans, renouvelables", selon Marc Restellini. De Tintoret à Jackson Pollock et Mark Rothko en passant par Claude Monet, Pierre Bonnard, Amedeo Modigliani ou Nicolas de Staël, les oeuvres sont de différentes époques, de différents pays.
Et comme elles n'arrivent pas toutes dans un excellent état de conservation, un atelier de restauration sera ouvert ultérieurement. Les collectionneurs sont français, italiens, américains, japonais, anglais ou suisses. "Ils me prêtent ces oeuvres sans autre contrepartie que de devoir les exposer car en général les collectionneurs sont contents de pouvoir montrer leurs tableaux", a précisé Marc Restellini. "Cette collection va vivre et elle aura un nouvel accrochage tous les six mois ou tous les ans", indique-t-il.
Son idée est de mêler les genres picturaux, les époques, pour faire "dialoguer les oeuvres", les faire vivre ensemble alors que dans un musée classique "on ne les voit jamais côte à côte". Avec cette collection, "je ne fais pas appel à la connaissance encyclopédique mais à la sensibilité du public", a-t-il expliqué avant de conclure: "Je dis aux visiteurs: 'Même si vous ne connaissez rien à la peinture, vous pouvez créer des liens entre les oeuvres. Il suffit de vous laisser aller.'"
L'art européen à la cour des Romanov et des princes Esterhazy
Si la collection permanente est un enjeu important pour le statut de la Pinacothèque, ce sont les expositions temporaires qui draineront le public et génèreront des recettes, avec les catalogues et les boutiques.
Ainsi, pour célébrer sa naissance en tant que "musée", la Pinacothèque de Paris accueille une première exposition sur les Romanov et une seconde sur les princes hongrois Esterhazy.
Jusqu'au 29 mai, la Pinacothèque montre comment ces deux familles de pouvoir - dirigeants d'un côté, diplomates de l'autre - se sont adonnées pendant plusieurs siècles à leur passion de la collection. Rembrandt, Chardin, Greuze, Titien, Velasquez: 100 oeuvres, dont 55 peintures à l'huile, acquises par quatre générations de Romanov, attestent de l'importance de l'art européen comme affichage du prestige de cette dynastie de tsars.
De leur côté, les princes hongrois Esterhazy, fidèles à la couronne impériale des Hasbourg, commencent à constituer leur collection dès le XVIIe siècle. Mais c'est Nicolas II Esterhazy (1765-1833), diplomate, en poste en Italie pour l'empire austro-hongrois, qui va lui donner une dimension universelle en achetant notamment des tableaux de Raphaël, des toiles de Claude Lorrain ou de grands noms de la peinture française. Son fils Paul Antoine (1786-1866), diplomate à Londres, achètera, lui, des Murillo et Zurbaran.
Bron/Source : France 2