Il suffit souvent d'une personnalité déterminée pour donner à une institution une orientation inattendue. On peut en juger actuellement au Musée d'Ixelles avec l'exposition Close-up, consacrée à la collection de photographie de cette institution communale. Conservateur du musée de 1957 à 1988, Jean Coquelet était également photographe. Dès les années 70, il fait entrer dans la collection des œuvres d'artistes qu'il côtoie ou qu'il admire. A son départ, la collection est déjà imposante et acquise à relativement peu de frais, la photographie n'ayant pas encore acquis le statut qui est le sien aujourd'hui. Ses successeurs auront la bonne idée de poursuivre dans la voie qu'il avait tracée et, au fil des ans, ils constitueront un ensemble cohérent que le musée expose pour la première fois en tant que tel.Plusieurs caractéristiques se détachent d'emblée mais la plus importante est sans aucun doute le lien immédiat entre art et photographie. Loin du documentaire, Jean Coquelet et ceux qui lui succéderont s'intéressent à une photographie qui explore, expérimente, travaille sur les formes, le regard, l'architecture, le faux-semblant.
La première salle plonge immédiatement le visiteur dans cet univers avec les clichés de Robert Morian, autodidacte fasciné par le monde végétal. Il lui donne une seconde vie en trouvant dans des fruits et légumes qu'il laisse vieillir, des visages grimaçants, des paysages mystérieux, des formes menaçantes ou poétiques.
Le corps humain prend le relais avec les nus de Lucien Clergue et de Jean Coquelet. Mais d'autres manières de l'aborder sont également de la partie avec Sylvie Collin, Yves Auquier, Chantal Noël ou Marc Trivier. Si certaines œuvres ont été acquises dans les années 70, 80 ou 90, d'autres sont récentes comme la série de Trivier, entrée dans la collection en 2006.
Une collection cohérente
Une troisième salle invite à découvrir les photographes de la profusion, de la superposition des choses. Voici Charley Case avec une étonnante image de vernissage où l'on ne sait plus trop où sont les invités et où est l'œuvre. Quant à Armyde Peignier, on retrouve avec bonheur ses sous-bois touffus où des enfants surgissent comme de petits diables dont on ne sait trop s'ils apprivoisent la nature ou si celle-ci les soumet à sa volonté.
Par contraste, la ville et l'architecture offrent à Gilbert Fastenaekens ou Gilbert De Keyser, l'occasion de réaliser des images parfaitement claires, dépouillées, où les formes se répondent dans un équilibre parfait. A leurs côtés, Marie-Françoise Plissart photographie Bruxelles en plongée avec un vrai sens de la composition tandis que Christian Carez et Philippe De Gobert mêlent le vrai et le faux avec leurs maquettes d'un troublant réalisme.
Si tous ces photographes sont clairement du côté de l'art plus que du reportage, la dernière partie est carrément consacrée à des artistes utilisant la photographie de diverses manières. On y retrouve un Dirk Braeckman toujours fascinant, un chimigramme de Pierre Cordier, un grand diptyque éclatant de couleurs de Marie-Jo Lafontaine mais aussi Didier Mahieu, Stephen Sack et même un Wim Delvoye donnant une étonnante version radiographique du baiser.
Loin de l'habituel mélange des genres de ce type de collection, celle du Musée d'Ixelles s'avère ainsi remarquablement cohérente. C'est sa limite (très peu d'artistes autres que Bruxellois) mais aussi sa force avec un parcours qui assume pleinement la vocation de la photographie à figurer dans un musée au même titre que la sculpture ou la peinture.
Le corps humain prend le relais avec les nus de Lucien Clergue et de Jean Coquelet. Mais d'autres manières de l'aborder sont également de la partie avec Sylvie Collin, Yves Auquier, Chantal Noël ou Marc Trivier. Si certaines œuvres ont été acquises dans les années 70, 80 ou 90, d'autres sont récentes comme la série de Trivier, entrée dans la collection en 2006.
Une collection cohérente
Une troisième salle invite à découvrir les photographes de la profusion, de la superposition des choses. Voici Charley Case avec une étonnante image de vernissage où l'on ne sait plus trop où sont les invités et où est l'œuvre. Quant à Armyde Peignier, on retrouve avec bonheur ses sous-bois touffus où des enfants surgissent comme de petits diables dont on ne sait trop s'ils apprivoisent la nature ou si celle-ci les soumet à sa volonté.
Par contraste, la ville et l'architecture offrent à Gilbert Fastenaekens ou Gilbert De Keyser, l'occasion de réaliser des images parfaitement claires, dépouillées, où les formes se répondent dans un équilibre parfait. A leurs côtés, Marie-Françoise Plissart photographie Bruxelles en plongée avec un vrai sens de la composition tandis que Christian Carez et Philippe De Gobert mêlent le vrai et le faux avec leurs maquettes d'un troublant réalisme.
Si tous ces photographes sont clairement du côté de l'art plus que du reportage, la dernière partie est carrément consacrée à des artistes utilisant la photographie de diverses manières. On y retrouve un Dirk Braeckman toujours fascinant, un chimigramme de Pierre Cordier, un grand diptyque éclatant de couleurs de Marie-Jo Lafontaine mais aussi Didier Mahieu, Stephen Sack et même un Wim Delvoye donnant une étonnante version radiographique du baiser.
Loin de l'habituel mélange des genres de ce type de collection, celle du Musée d'Ixelles s'avère ainsi remarquablement cohérente. C'est sa limite (très peu d'artistes autres que Bruxellois) mais aussi sa force avec un parcours qui assume pleinement la vocation de la photographie à figurer dans un musée au même titre que la sculpture ou la peinture.
Jusqu'au 5 septembre au Musée d'Ixelles, rue Jean van Volsem 71, 1050 Bruxelles.
Website :http://www.museedixelles.be/
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