
Toute l'histoire du design est traversée par la notion de progrès. Utopie ou perspective fantastique ? Des experts font le point, interpellés par les nouveaux défis planétaires.
Est-ce un progrès de concevoir un livre qui parle ? Pourquoi ne pas faire entrer l'ordinateur dans le livre, tout le contraire de l'e-book ? Design et innovation, la course en avant ? Depuis la révolution industrielle, la question du progrès était liée à la nécessité d « être moderne », d'exploiter les matériaux innovants, les dernières techniques de production. Au péril de la planète, quand les entreprises ne voient dans le design qu'un levier de croissance. Avec la question « Comment habiter le monde ? » l'innovation liée aux usages devient primordiale : tout est « à designer », et c'est une perspective fantastique ! Les designers d'In Progress ont été choisis pour leur prise de position dans la création contemporaine. Ils ont accepté les règles du jeu d'une exposition qui réfléchit sur leur capacité à dessiner les enjeux futurs. « Le sujet n'est pas l'objet, c'est l'homme », disait Charlotte Perriand. Cette parole est plus que jamais d'or. Quel type de monde fabriquons-nous, demandent les commissaires de l'exposition, Jeanne Quéheillard, Laurence Salmon et Nestor Perkal ?
L'utopie du désirable
« Le designer, précise le philosophe français et expert de la société de l'information Jacques-François Marchandise, c'est un concepteur qui convoque de l'imagination, de la culture technique et de la compréhension des technologies. Il est au bon carrefour. » L'utopie du souhaitable et du désirable est donc réaliste. Ainsi, la créatrice française Matali Crasset actualise la notion de progrès sous l'angle d'un environnement acceptable. Phare de la scénographie imaginée par le designer et architecte Nestor Perkal, sa plate-forme de vie réticulaire résume le propos : elle utilise technologies et matériaux de pointe en s'intéressant à la mise en relation du moi et du monde. « Si on prend la notion de progrès dans l'habitat, explique Matali Crasset dans le très innovant livre-catalogue, le progrès s'est caractérisé par une augmentation du confort. » Revers de la médaille : cocooning et inactivité. Que propose-t-elle ? Le strict minimum, le célèbre « less is more » de Mies van der Rohe investit une nouvelle typologie de mobilier intelligent. Ce retour à l'essentiel, c'est le futur proche, une plate-forme de vie minimum, fascinant et bel objet en soi. Cet ovni permet de réaliser les activités quotidiennes -cuisiner,
travailler, communiquer, dormir etc –, tout en devenant interface pour tout ce qui est immatériel, les différents réseaux qui viennent de l'extérieur ou innervent la maison. L'appareil d'éclairage ou de chauffage perd toute matérialité pour se fondre dans la structure alvéolaire.
Au-delà de la recherche de la compétitivité, la dimension environnementale du design devient un enjeu majeur. Face à la matière plastique et à la durée de vie des instruments domestiques, Delo Lindo remet l'artisanat à l'honneur : four en fonte d'acier et mixeur électrique en bois forcent des ponts rompus à tort. Normal Studio utilise les nano technologies pour « augmenter » un mur en pisé en y incluant les fonctions de chaleur et d'électricité…
Les prototypes foisonnent dans cette exposition bavarde où neuf designers croisent leurs conceptions d'un monde meilleur. On retrouve le collectif Big Game mais aussi Etienne Mineur ou encore Satyendra Pakhalé, chacun confronté par écran interposé à la parole de philosophes, sociologues, architectes… Du bousier-aspirateur à la « technologie culturelle », faites le grand écart, car le temps du changement est arrivé !
L'utopie du désirable
« Le designer, précise le philosophe français et expert de la société de l'information Jacques-François Marchandise, c'est un concepteur qui convoque de l'imagination, de la culture technique et de la compréhension des technologies. Il est au bon carrefour. » L'utopie du souhaitable et du désirable est donc réaliste. Ainsi, la créatrice française Matali Crasset actualise la notion de progrès sous l'angle d'un environnement acceptable. Phare de la scénographie imaginée par le designer et architecte Nestor Perkal, sa plate-forme de vie réticulaire résume le propos : elle utilise technologies et matériaux de pointe en s'intéressant à la mise en relation du moi et du monde. « Si on prend la notion de progrès dans l'habitat, explique Matali Crasset dans le très innovant livre-catalogue, le progrès s'est caractérisé par une augmentation du confort. » Revers de la médaille : cocooning et inactivité. Que propose-t-elle ? Le strict minimum, le célèbre « less is more » de Mies van der Rohe investit une nouvelle typologie de mobilier intelligent. Ce retour à l'essentiel, c'est le futur proche, une plate-forme de vie minimum, fascinant et bel objet en soi. Cet ovni permet de réaliser les activités quotidiennes -cuisiner,
travailler, communiquer, dormir etc –, tout en devenant interface pour tout ce qui est immatériel, les différents réseaux qui viennent de l'extérieur ou innervent la maison. L'appareil d'éclairage ou de chauffage perd toute matérialité pour se fondre dans la structure alvéolaire.
Au-delà de la recherche de la compétitivité, la dimension environnementale du design devient un enjeu majeur. Face à la matière plastique et à la durée de vie des instruments domestiques, Delo Lindo remet l'artisanat à l'honneur : four en fonte d'acier et mixeur électrique en bois forcent des ponts rompus à tort. Normal Studio utilise les nano technologies pour « augmenter » un mur en pisé en y incluant les fonctions de chaleur et d'électricité…
Les prototypes foisonnent dans cette exposition bavarde où neuf designers croisent leurs conceptions d'un monde meilleur. On retrouve le collectif Big Game mais aussi Etienne Mineur ou encore Satyendra Pakhalé, chacun confronté par écran interposé à la parole de philosophes, sociologues, architectes… Du bousier-aspirateur à la « technologie culturelle », faites le grand écart, car le temps du changement est arrivé !
Design in Progress
Grand-Hornu Images, 82 rue Sainte- Louise, 7301-Hornu
Jusqu'au 12 septembre 2010