21-04-10

RETROSPECTIVE FOUJITA A REIMS

Synthèse entre art oriental et occidental, l'oeuvre de Tsuguaru Foujita est exposée au Musée des Beaux-Arts de Reims
Arrivé à Paris en 1913, Foujita (1886-1968) a connu les folles années de Montparnasse. Rentré au Japon, il est traumatisé par les horreurs de la guerre. Il revient en France, se fait baptiser et se consacre à des oeuvres religieuses.L'exposition Foujita monumental ! Enfer et paradis retrace son parcours à travers 70 oeuvres (jusqu'au 28 juin).
Mon corps a grandi au Japon, mais ma peinture a grandi en France", disait Foujita. "C'est un artiste de l'hybridation, qui s'imprègne de la modernité européenne en y apportant la technique et la précision ancestrale de l'art des estampes", explique David Liot, le conservateur du Musée des Beaux-Arts de Reims.Tsuguaru Foujita, fils de militaire qui a étudié à l'école des Beaux-arts de Tokyo, est vite devenu une icône parisienne et un dandy des Années folles. Celui qu'on surnomme Foufou côtoie les artistes étrangers comme Modigliani, Soutine et Picasso. Assumant son héritage nippon (lignes fluide, rejet de la perspective), il se nourrit d'art européen. Le nu féminin est le motif central de son oeuvre jusqu'en 1929.Au centre de l'exposition, les Grands fonds blancs, oeuvres monumentales réalisées à la fin des années 1920, incarnent pour David Liot "l'équilibre que l'artiste recherchait entre l'art occidental et l'art japonais". "Ce sont les quatre grandes toiles où j'ai mis toute mon âme et mon travail", affirme Foujita. Les corps musculeux et sensuels y évoquent la Renaissance italienne et Michel-Ange en particulier.Au début des années 1930, Foujita rentre au Japon où il devient peintre officiel du régime, peignant les batailles sur de grands formats. Marqué par les horreurs de la guerre, il se réinstalle en France en 1950 et se fait naturaliser français. En 1959, lors d'une visite de la basilique Saint-Rémi de Reims, il décide de devenir chrétien et se choisit le prénom de Léonard, d'après le grand peintre italien.Après un baptême en grande pompe, il consacre désormais l'essentiel de son travail à des oeuvres religieuses. Des oeuvres hantées par l'effroi généré par la guerre et la bombe atomique, où les Vierges grimacent et où les scènes macabres se succèdent (enchevêtrements d'ossements de l'Apocalypse de saint Jean).A voir aussi à Reims, la chapelle Notre-Dame de la Paix: Foujita a décidé de la construire dans une région marquée par la guerre. Il en conçoit les plans avec l'architecte Maurice Clauzier, en dessine les vitraux et réalise a fresco 110 m2 de peintures intérieures où il illustre une vision toute personnelle de l'iconographie chrétienne.
Foujita monumental ! Enfer et paradis
Musée des Beaux-Arts de Reims
8 rue Chanzy, Reims

Website : Musée des Beaux-Arts de Reims

Bron/Source : France 2