A Paris, le Musée Rodin confronte deux créateurs de générations différentes mais qui eurent le temps de se croiser et de s’influencer. Bravant le froid, le vent et une pluie fine mais tenace, ils sont venus d’Espagne, d’Italie, des Etats-Unis ou de Belgique pour découvrir l’univers de Rodin. Avec ses sculptures disséminées dans le parc et son ancien hôtel particulier permettant de jouir pleinement des œuvres du sculpteur (et de quelques pièces superbes de Camille Claudel), le Musée Rodin est l’un des plus visités de France.Pourtant, loin de se reposer sur sa notoriété, celui-ci propose régulièrement des expositions temporaires dans l’espace situé à l’entrée du parc. C’est là que l’on peut découvrir actuellement un étonnant face à face entre Rodin et Matisse.
Pour beaucoup, le premier est un sculpteur et le second un peintre. Rodin a pourtant énormément travaillé sur papier tandis que Matisse a pétri la terre et réalisé de nombreux bronzes inspirés par la figure humaine.
L’exposition parisienne, orchestrée par Nadine Lehni, met remarquablement en valeur les points communs entre les deux hommes. Ainsi que leurs différences. Le premier point commun, le dessin, se déploie dans tout le couloir d’entrée. Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit là de l’essence de l’art. « C’est bien simple, mes dessins sont la clef de mon œuvre, écrit Rodin en 1910. Ma sculpture n’est que du dessin sous toutes les dimensions. J’ai dessiné toute ma vie, j’ai commencé ma vie en dessinant. » Matisse n’est pas en reste qui déclare en 1939 : « Mon dessin au trait est la traduction directe et la plus pure de mon émotion. La simplification du moyen permet cela. »
On ne peut que leur donner raison. Bien plus que des études préparatoires, les dessins de Matisse comme les lavis de Rodin jouissent d’une liberté, d’une vibration, d’une sensualité inégalée.
Du modèle à l’abstraction
La suite du parcours permet de prendre également conscience de leurs différences. Leur première rencontre a lieu en 1899. Rodin est déjà un artiste reconnu et Matisse vient lui présenter quelques dessins. Pas de chance, le grand homme ne les aime pas. La même année pourtant, Matisse réalise plusieurs dessins à partir d’un buste de plâtre façonné par son aîné.
De salle en salle, on découvre les correspondances entre leurs œuvres (l’amour de la danse, l’importance du modèle, la passion du corps humain) et leurs singularités. On voit aussi l’évolution de chacun, Rodin approchant l’abstraction dans certains dessins tandis que Matisse s’y frotte avec quatre grands nus de dos, réalisés entre 1909 et 1930 et allant vers une simplification des formes de plus en plus marquée.
Passionnante et remarquablement présentée malgré un espace étriqué, cette exposition vaut assurément le détour et surprendra à plusieurs reprises les amateurs de ces deux géants de l’art.
Jusqu’au 28 février au, Musée Rodin, 79 rue de Varenne, 75007 Paris.
Pour beaucoup, le premier est un sculpteur et le second un peintre. Rodin a pourtant énormément travaillé sur papier tandis que Matisse a pétri la terre et réalisé de nombreux bronzes inspirés par la figure humaine.
L’exposition parisienne, orchestrée par Nadine Lehni, met remarquablement en valeur les points communs entre les deux hommes. Ainsi que leurs différences. Le premier point commun, le dessin, se déploie dans tout le couloir d’entrée. Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit là de l’essence de l’art. « C’est bien simple, mes dessins sont la clef de mon œuvre, écrit Rodin en 1910. Ma sculpture n’est que du dessin sous toutes les dimensions. J’ai dessiné toute ma vie, j’ai commencé ma vie en dessinant. » Matisse n’est pas en reste qui déclare en 1939 : « Mon dessin au trait est la traduction directe et la plus pure de mon émotion. La simplification du moyen permet cela. »
On ne peut que leur donner raison. Bien plus que des études préparatoires, les dessins de Matisse comme les lavis de Rodin jouissent d’une liberté, d’une vibration, d’une sensualité inégalée.
Du modèle à l’abstraction
La suite du parcours permet de prendre également conscience de leurs différences. Leur première rencontre a lieu en 1899. Rodin est déjà un artiste reconnu et Matisse vient lui présenter quelques dessins. Pas de chance, le grand homme ne les aime pas. La même année pourtant, Matisse réalise plusieurs dessins à partir d’un buste de plâtre façonné par son aîné.
De salle en salle, on découvre les correspondances entre leurs œuvres (l’amour de la danse, l’importance du modèle, la passion du corps humain) et leurs singularités. On voit aussi l’évolution de chacun, Rodin approchant l’abstraction dans certains dessins tandis que Matisse s’y frotte avec quatre grands nus de dos, réalisés entre 1909 et 1930 et allant vers une simplification des formes de plus en plus marquée.
Passionnante et remarquablement présentée malgré un espace étriqué, cette exposition vaut assurément le détour et surprendra à plusieurs reprises les amateurs de ces deux géants de l’art.
Jusqu’au 28 février au, Musée Rodin, 79 rue de Varenne, 75007 Paris.
Website : Musée Rodin
Bron/Source : Le Soir