03-11-09

Objects de Saint Laurent et Bergé à vendre


Les objets de la demeure normande d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé aux enchères mi-novembre
1.200 objets et oeuvres d'art provenant en grande partie de la demeure normande d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé mais aussi de leurs domiciles parisiens, seront mis aux enchères les 17, 18, 19 et 20 novembre à Paris, a indiqué mardi la maison Christie's, chargée de la vente.
Cette vente devrait rapporter entre 3 et 4 millions d'euros, précise la maison d'enchères.
L'intégralité du produit de la vente se fera au profit de la recherche sur le virus du sida (VIH) et de la lutte contre cette maladie.Cet événement n'aura pas du tout l'ampleur de la vente exceptionnelle de la collection YSL/Bergé en février, qui avait rapporté 342,5 millions d'euros pour 733 oeuvres dont des Matisse, Picasso, Mondrian et Léger. Après le décès du couturier Yves Saint Laurent en juin 2008, son compagnon, l'homme d'affaires Pierre Bergé, a choisi de disperser totalement la collection qu'ils avaient réunie ensemble pendant cinquante ans.
La deuxième vente, qui sera à nouveau menée par Christie's, en association avec la maison de ventes Pierre Bergé et Associés, aura lieu au Théâtre Marigny.
Dessins et tableaux anciens et du XIXème siècle, art moderne, estampes, art contemporain, arts décoratifs du XXème siècle, mobilier et objets d'art, sculptures, céramique, orfèvrerie, livres, bijoux: les oeuvres et objets seront présentés du 12 au 16 novembre chez Christie's, avenue Matignon, dans le VIIIème arrondissement. Ils proviennent en grande partie du "Château Gabriel", demeure située à Berneville, près de Deauville. Construite en 1874, elle avait été acquise par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé au début des années 1980. Des objets du bureau d'Yves Saint Laurent, avenue Marceau, seront également vendus. De même que des objets qui peuplaient le quotidien des deux hommes dans leurs appartements parisiens. Une gouache de Fernand Léger, "Les travailleurs au repos", est estimée entre 80.000 et 120.000 euros. Plusieurs lustres seront dispersés parmi lesquels un grand lustre hollandais du XIXème siècle à 34 bras de lumière, évalué entre 50.000 et 70.000 euros. Il y aura aussi les bagages en croco du couturier. Et sa dernière voiture, une Mercedes Benz S 350 L Classe noire modèle 2007, estimée entre 30.000 et 50.000 euros.
Un livre "La collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé" vient de sortir aux éditions Flammarion, en collaboration avec les experts de Christie's. Sous la direction de Christiane de Nicolay-Mazery, il retrace la "vente du siècle" (288 pages, 300 illustrations, 75 euros).

1958-2008: une vie sous le signe de l'art
Ces deux esthètes ont écrit une histoire d'un demi-siècle sous le signe d'une passion partagée pour l'art et la culture
Ces passionnés de musique et d'opéra vont bâtir une collection d'art privée hors du commun à partir du début des années 1960. Leur premier achat sera un Oiseau senoufo, se souvient Pierre Bergé. Pour le Brancusi, "il a fallu attendre 1971 ou 1972", ajoute-t-il. "Quand nous avons acheté l'Oiseau senoufo, nous avions l'argent pour l'acheter mais sûrement pas pour acheter un Brancusi", se rappelle-t-il.Ensemble, ils aimeront les arts premiers, l'Art Déco - qu'ils aimeront avant que ce soit à la mode -, les bronzes de la Renaissance ou Matisse et Picasso avec pour seul critère "la qualité". Ces deux visionnaires, guidés notamment par des marchands d'art comme Alain Tarica ou les frères Kugel et dans la droite ligne de leurs "inspirateurs" les mécènes français de Noailles ou Jacques Doucet, également couturier, ont transformé leurs lieux d'habitation multiples en "conversation entre les objets, ceux qui les possèdent, ceux qui les admirent et le décor qui les reçoit", dit Pierre Bergé.La rue de Babylone dès 1972 pour le couple, puis la rue Bonaparte à partir de la fin des années 80 pour Pierre Bergé, sont les principaux témoignages du goût de ces amateurs éclairés qui ont fait des rapprochements d'objets et de tableaux "comme une oeuvre d'art", selon la formule de Nicolas Kugel. Une passion qui ressemblait à une addiction pour Saint Laurent au point qu'un jour Pierre Bergé a reproché au couturier d'avoir trop acheté: "Yves, on ne va pas chez Kugel comme on va chez Prisunic!".D'autres demeures abritent leurs coups de coeur: Deauville, Marrakech et Tanger, où Matisse, qui a fortement influencé le couturier, venait peindre.Aux obsèques de Saint Laurent, Bergé s'adressera à lui pour regretter qu'ils ne puissent plus partager "l'émotion devant un tableau ou un objet d'art".

Website : Christie's

Bron/Source : France 2 - Culture