23-10-09

Mayer van den Bergh

Musée Mayer van den Bergh

Né en 1858 à Anvers d'un père enrichi par le commerce d'épices et de produits pharmaceutiques, qui devint l'un des plus puissants hommes d'affaires de la ville, Fritz Mayer van den Bergh hérita à 21 ans des avoirs paternels. Arrêtant immédiatement ses études de droit, il se consacra à sa passion pour l'art.
Mayer van den Bergh développa un réseau de contacts internationaux qui lui permit de bénéficier d'informations de première main hors des circuits habituels. Initialement, sa collection ne différait guère de celles de ses contemporains fortunés : panneaux de maîtres italiens et peintures de genre hollandaises, ainsi que céramiques, textiles, meubles, miniatures.
Numismate reconnu
Il affectionnait particulièrement la numismatique, et devint un tel spécialiste que la ville d'Anvers lui demanda de classer la collection de pièces du musée archéologique du Steen. Son intérêt se dirigeait aussi vers la recherche, et il mena de véritables enquêtes à propos de tableaux anonymes qu'il achetait.
Après une dizaine d'années de collection, Fritz Mayer van den Bergh se défit de la quasi-totalité de ses pièces : en 1891 et 1892, sous des noms tels que Sanchez de Aguilar ou comte de Nedonchel, il vendit aux enchères près de 300 peintures, sculptures, gravures et objets. Quittant les goûts traditionnels de ses contemporains, il se consacra ensuite à la peinture flamande. Il fréquenta les ventes internationales, acquérant sculptures et peintures directement auprès du clergé.
Musée posthume
Cette quête n'allait pas sans difficultés, même si les besoins financiers de certaines paroisses facilitèrent les choses. C'est ainsi que le collectionneur acheta le triptyque « Christ en croix avec couple de fondateurs » de Quentin Metsys après autorisation épiscopale.
D'autres œuvres s'échangèrent plus facilement, comme un « Paysage peuplé de figures fantomatiques » attribué à Pieter Brueghel le Jeune : proposé aux enchères sous ce titre, il était exposé si haut que les acheteurs potentiels devaient demander une échelle pour le regarder, ce que bien peu firent Finalement, Mayer van den Bergh identifia l'œuvre comme étant « Dulle Griet », un panneau perdu de Pieter Brueghel l'Ancien.
En 1901, Fritz Mayer van den Bergh meurt subitement, à 42 ans. Cela fait à peine dix ans qu'il s'est lancé dans sa nouvelle collection, mais celle-ci est déjà très riche. Le nombre et les dimensions des pièces acquises au cours des dernières années tendent à prouver qu'il ambitionnait de créer un musée. Ainsi, en 1897, quatre célèbres portraits de la famille Vekemans par Cornelis de Vos furent réunis. Récemment, le portrait retrouvé d'une troisième enfant de la famille est venu compléter la série. L'année suivante, Mayer van den Bergh acheta l'ensemble de la collection Micheli, consacrée par un mouleur du Louvre à la sculpture. L'Anversois en acquit les 451 pièces, et revendit la plupart pour rentrer dans ses frais. Fidèle à ses goûts, il ne garda que les pièces du Moyen Âge flamand.
En hommage à son fils décédé, la mère de Fritz Mayer van den Bergh décide de prolonger son travail. Ainsi, durant les premières années du XXe siècle, elle fait bâtir une demeure néogothique en résonance avec les œuvres collectées. Aujourd'hui, le Musée Mayer van den Bergh existe depuis un siècle et est l'un des plus remarquables d'Anvers. Hélas, son initiateur ne l'a jamais connu .

Website : Musée Mayer van den Bergh

Bron/Source : Le Soir