05-10-09

Le 9e Printemps de septembre à Toulouse


La création contemporaine investit Toulouse jusqu'au 18 octobre, avec le 9e Printemps de septembre.
Sur le thème "Là où je suis n'existe pas", le festival, totalement gratuit, veut, cette année, privilégier l'imaginaire.
Il s'étend, avec 32 lieux d'exposition contre 23 l'an dernier. Des "soirées nomades" mêlent performances, concerts, dans et spectacle. Et une Radio du bout de la nuit sert de lieu de rencontre entre les artistes et le public.
"C'est un festival en deux temps", explique Christian Bernard, le directeur artistique. Après une confrontation avec le réel lors de l'édition précédente, il a voulu, pour sa deuxième et dernière année en qualité de programmateur, imprimer une tonalité plus subjective au festival.
"En 2008, et c'était peut-être anticipé au moment où a éclaté la crise, nous avons montré un aspect de l'art confronté à la cruauté d'un réel violent et parlions d'un Printemps noir", explique l'actuel directeur du Mamco, musée d'art moderne et contemporain de Genève. "Aujourd'hui, c'est un Printemps sous un soleil gris, lumière qui décrit ce moment d'incertitude dans lequel nous nous trouvons face à la crise", ajoute-t-il.
La programmation 2009 "laisse beaucoup de place au dessin et à la vidéo" indique son concepteur, mais "le spectacle vivant, le concert et la performance sont toujours aussi importants" et "80% de ce qui va être montré est inédit", souligne-t-il.
Quelque 140 artistes sont présents dans 32 lieux d'expositions. Des monuments de la Ville rose seront le support d'oeuvres projetées et, pour la première fois, une "nuit des tableaux vivants" au Musée des Augustins mêlera expositions et performances d'artistes.
En suivant un parcours flêché dans la ville, le spectateur sera confronté "au sentiment d'urgence, à la souffrance, à l'entropie, c'est-à-dire à la dégradation du monde", selon Christian Bernard. "Depuis une trentaine d'années, et c'est très flagrant ici, les artistes sont très sensibles à une sorte d'inquiétude de la dégradation des choses", explique-t-il.
Une "Radio du bout de la nuit" est diffusée certains soirs, localement sur la fréquence de la radio associative FMR, en streaming et en podcast sur le site du Printemps de septembre. Ses émissions sont créées en direct et en public, avec les artistes du festival. Les artistes des expositions et des Soirées Nomades sont invités à proposer des créations sur mesure sous forme de jeux, d’oeuvres sonores, de live, de performances, de conférences ou
de fictions.
Ce festival "immergé dans la ville avec la volonté d'associer les acteurs régionaux et locaux", selon son programmateur, se distingue également par la modestie de ses moyens (1,6 million d'euros de budget). Créé à Cahors (Le Printemps de Cahors) en 1991, il a déménagé à Toulouse en 2001, où il a désormais lieu à l'automne, d'où son nom.

Website : Printemps de Septembre

Bron/Source : France 2 Culture