
L'architecte du Wiels, le Centre des arts contemporains de Forest, et du musée de la Médecine d'Anderlecht ose la peinture. Dans ses carnets moleskine et ses tableaux de tôle galvanisée, le réel a le goût de l'inconnu.Membre fondateur du bureau d'architecture Art & Build, Pierre Lallemand rêve de cités sans murs et sans ciel. Il trace ses plans de villes sur un mouvement de pensée, invente ses propres règles géométriques pour trouver l'équilibre dans la poésie, en état d'apesanteur esthétique.
Equilibriste des formes, auteur tranché, c'est un explorateur du vide, un aventurier du temps qui passe, un chasseur de lumière.
Le jaillissement de ses œuvres se produit dans l'instant où les dés sont lancés mais pas encore retombés, à la fin d'un repas entre amis. Ces coins de nappe de restaurant, ces bouteilles ivres de l'imaginaire, ces verres pleins de la création sont partout dans les carnets de Pierre Lallemand exposés à l'Association du patrimoine artistique, un lieu initiatique entre pavés des Marolles et du Sablon.
Au fil des rencontres et des amitiés, l'architecte plasticien a signé plus de 450 instantanés de vie, des polaroïds fugaces où le réel goûte soudain aux saveurs de l'inconnu.
« Je les dessinais pour moi et puis ils ont séduit beaucoup de monde, confie l'auteur. J'ai été poussé à les exposer. Ce sont des carnets de création très intenses que je remplis sur des bouts de tables avec les bics et les crayons que j'ai toujours en poche ». Mais ces carnets ne sont qu'amuse-bouche.
Dans la pièce voisine, Pierre Lallemand expose à nos cerveaux imparfaits ses premiers tableaux. Depuis un an, il peint pour témoigner des paradoxes de l'homme trompé par ses propres perceptions.
« Là, nous sommes en train de parler ensemble, dit-il. Nous allons ensuite nous quitter et témoigner de ce que nous avons vu. Mais personne n'aura vu la même chose parce que nous déformons, en fonction de nos émotions, ce que nous avons vécu. »
Nous avons tort de nous fier à nos sens. L'art spontané de Pierre Lallemand valse avec le temps et la mémoire. Sa peinture est en mouvement sur des bouts de tôle galvanisée qui donnent de la matière à la toile. Les tableaux, à l'image de ses carnets, fonctionnent sans retouches, à l'envers ou à l'endroit. Ombre d'un carré noir ou, quelques instants plus tard, Ombre d'un carré galvanisé qui n'a pas d'ombre… Le réel se fragmente et plonge dans une destinée incertaine.
L'exposition de Pierre Lallemand lui ressemble. Ce n'est pas une démarche d'art contemporain, plutôt un jeu de l'esprit.
« Le vrai risque, c'était de ne pas le faire, sourit l'artiste architecte. Le plus difficile, c'était de monter le premier cadre. »
Derrière lui, les masses se télescopent, les matériaux s'entrechoquent, pour donner du sens à la vie. Ces tableaux ne sont pas à vendre : « Un artiste qui œuvre pour vendre a priori se trompe, même si la valeur d'une œuvre participe aujourd'hui de sa reconnaissance. »
La richesse de ces toiles laboratoires est ailleurs, dans l'insatiable curiosité pour les mystères de la condition humaine.
Exposition Entre-temps à l'Association du patrimoine artistique, 7, rue Charles Hanssens, 1000 Bruxelles, jusqu'au 18 octobre, du mercredi au samedi de 17 à 19 h 30, dimanche de 11 à 18 heures.
Le jaillissement de ses œuvres se produit dans l'instant où les dés sont lancés mais pas encore retombés, à la fin d'un repas entre amis. Ces coins de nappe de restaurant, ces bouteilles ivres de l'imaginaire, ces verres pleins de la création sont partout dans les carnets de Pierre Lallemand exposés à l'Association du patrimoine artistique, un lieu initiatique entre pavés des Marolles et du Sablon.
Au fil des rencontres et des amitiés, l'architecte plasticien a signé plus de 450 instantanés de vie, des polaroïds fugaces où le réel goûte soudain aux saveurs de l'inconnu.
« Je les dessinais pour moi et puis ils ont séduit beaucoup de monde, confie l'auteur. J'ai été poussé à les exposer. Ce sont des carnets de création très intenses que je remplis sur des bouts de tables avec les bics et les crayons que j'ai toujours en poche ». Mais ces carnets ne sont qu'amuse-bouche.
Dans la pièce voisine, Pierre Lallemand expose à nos cerveaux imparfaits ses premiers tableaux. Depuis un an, il peint pour témoigner des paradoxes de l'homme trompé par ses propres perceptions.
« Là, nous sommes en train de parler ensemble, dit-il. Nous allons ensuite nous quitter et témoigner de ce que nous avons vu. Mais personne n'aura vu la même chose parce que nous déformons, en fonction de nos émotions, ce que nous avons vécu. »
Nous avons tort de nous fier à nos sens. L'art spontané de Pierre Lallemand valse avec le temps et la mémoire. Sa peinture est en mouvement sur des bouts de tôle galvanisée qui donnent de la matière à la toile. Les tableaux, à l'image de ses carnets, fonctionnent sans retouches, à l'envers ou à l'endroit. Ombre d'un carré noir ou, quelques instants plus tard, Ombre d'un carré galvanisé qui n'a pas d'ombre… Le réel se fragmente et plonge dans une destinée incertaine.
L'exposition de Pierre Lallemand lui ressemble. Ce n'est pas une démarche d'art contemporain, plutôt un jeu de l'esprit.
« Le vrai risque, c'était de ne pas le faire, sourit l'artiste architecte. Le plus difficile, c'était de monter le premier cadre. »
Derrière lui, les masses se télescopent, les matériaux s'entrechoquent, pour donner du sens à la vie. Ces tableaux ne sont pas à vendre : « Un artiste qui œuvre pour vendre a priori se trompe, même si la valeur d'une œuvre participe aujourd'hui de sa reconnaissance. »
La richesse de ces toiles laboratoires est ailleurs, dans l'insatiable curiosité pour les mystères de la condition humaine.
Exposition Entre-temps à l'Association du patrimoine artistique, 7, rue Charles Hanssens, 1000 Bruxelles, jusqu'au 18 octobre, du mercredi au samedi de 17 à 19 h 30, dimanche de 11 à 18 heures.
Website : Association du patrimoine artistique
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