Le docteur Franz Delporte fut professeur honoraire à l'Université libre de Bruxelles, où il avait défendu en 1912 une thèse de doctorat sur l'embryon humain. Cet homme de notoriété internationale fut aussi un collectionneur avisé.
A la fin de sa vie, il s'entretint avec le conservateur en chef des Musées royaux des beaux-arts de Bruxelles, le baron Roberts-Jones, de la possibilité de léguer sa collection, et c'est finalement en 1973 que ce qui était alors le legs le plus important jamais accordé au musée fit son entrée dans l'institution.
La cohérence d'un tout
Cet ensemble de 229 œuvres d'art témoigne d'une vie passionnée par la beauté dans toute sa diversité : si l'art ancien prédomine (peintures et sculptures), l'on trouve aussi de l'orfèvrerie, une tapisserie du XVIe siècle, ainsi qu'une sélection d'objets égyptiens, islamiques, précolombiens, indiens, africains, chinois et japonais. Le 26 février 1974, l'on inaugure cette collection désormais publique. Neuf salles du musée lui sont consacrées et selon l'expression des conservateurs, il s'agit d'un véritable musée dans le musée. En effet, les arts non européens ne sont habituellement pas exposés aux Musées royaux des beaux-arts mais plutôt au Musée du Cinquantenaire. L'ensemble, présenté comme tel, conserve la cohérence que Franz Delporte lui donna.
Un chef-d'œuvre de Bruegel
La pièce maîtresse de la collection, c'est sans conteste Paysage d'hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux, un panneau de chêne de Pierre Bruegel l'Ancien, qui constitue l'un des chefs-d'œuvre du Musée. Datée de 1565, l'œuvre renvoie certainement à l'hiver du début de cette année-là, qui fut très rigoureux. Comme souvent dans le travail de la dynastie des Bruegel, la composition est fragmentée en une série de saynètes : de nombreux personnages tentent de progresser en patinant sur une rivière gelée, et la richesse narrative ne se révèle qu'au spectateur attentif. Le tout est unifié par l'harmonie chromatique de la neige.
Artistes majeurs des XVIe
et XVIIe siècles
Deux œuvres de Pierre Bruegel le Jeune complètent celle du père : Danse de noce en plein air, et le Massacre des innocents.
Son contemporain Paul Bril, inspiré par un autre des Bruegel, Jan l'Ancien, est présent dans le legs Delporte avec Jonas et la baleine. Paul Bril travailla à Rome pour quatre papes successifs, et cette toile est la réplique réduite d'une fresque qu'il réalisa pour la Scala Santa, l'escalier romain que les fidèles gravissent à genoux.
Autre toile parmi les chefs-d'œuvre du Musée : Vénus et Adonis, réalisée au siècle suivant par Jacob Jordaens.
Curiosités
Le Retable de la Crucifixion (Anvers, XVIe siècle), un triptyque aux volets peints, accueille en son centre une crucifixion sculptée et dorée.
Ce genre d'œuvres sont fréquentes à l'époque dans nos régions ; celle-ci a été « reconditionnée » par un marchand peu scrupuleux à une époque indéterminée, comme en témoignent les panneaux ajustés pour se combiner à la caisse centrale.
En clair, les différents éléments de ce triptyque ne sont pas « nés » ensemble !
D'autres personnages sculptés issus de retables anversois sont conservés dans la collection, aux côtés de sculptures gothiques provenant de Malines, de France, voire d'Espagne et d'Italie.
Plus inhabituel encore pour le Musée, et plus exotique, citons un vase égyptien du IIIe millénaire avant Jésus-Christ, des sculptures en bois de l'époque ptolémaïque, des coupes précolombiennes en céramique, une Maternité du Zaïre, ou un choix de porcelaines chinoises de la Famille Rose, du nom de leur couleur à base de pourpre de Cassius émaillé.
A la fin de sa vie, il s'entretint avec le conservateur en chef des Musées royaux des beaux-arts de Bruxelles, le baron Roberts-Jones, de la possibilité de léguer sa collection, et c'est finalement en 1973 que ce qui était alors le legs le plus important jamais accordé au musée fit son entrée dans l'institution.
La cohérence d'un tout
Cet ensemble de 229 œuvres d'art témoigne d'une vie passionnée par la beauté dans toute sa diversité : si l'art ancien prédomine (peintures et sculptures), l'on trouve aussi de l'orfèvrerie, une tapisserie du XVIe siècle, ainsi qu'une sélection d'objets égyptiens, islamiques, précolombiens, indiens, africains, chinois et japonais. Le 26 février 1974, l'on inaugure cette collection désormais publique. Neuf salles du musée lui sont consacrées et selon l'expression des conservateurs, il s'agit d'un véritable musée dans le musée. En effet, les arts non européens ne sont habituellement pas exposés aux Musées royaux des beaux-arts mais plutôt au Musée du Cinquantenaire. L'ensemble, présenté comme tel, conserve la cohérence que Franz Delporte lui donna.
Un chef-d'œuvre de Bruegel
La pièce maîtresse de la collection, c'est sans conteste Paysage d'hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux, un panneau de chêne de Pierre Bruegel l'Ancien, qui constitue l'un des chefs-d'œuvre du Musée. Datée de 1565, l'œuvre renvoie certainement à l'hiver du début de cette année-là, qui fut très rigoureux. Comme souvent dans le travail de la dynastie des Bruegel, la composition est fragmentée en une série de saynètes : de nombreux personnages tentent de progresser en patinant sur une rivière gelée, et la richesse narrative ne se révèle qu'au spectateur attentif. Le tout est unifié par l'harmonie chromatique de la neige.
Artistes majeurs des XVIe
et XVIIe siècles
Deux œuvres de Pierre Bruegel le Jeune complètent celle du père : Danse de noce en plein air, et le Massacre des innocents.
Son contemporain Paul Bril, inspiré par un autre des Bruegel, Jan l'Ancien, est présent dans le legs Delporte avec Jonas et la baleine. Paul Bril travailla à Rome pour quatre papes successifs, et cette toile est la réplique réduite d'une fresque qu'il réalisa pour la Scala Santa, l'escalier romain que les fidèles gravissent à genoux.
Autre toile parmi les chefs-d'œuvre du Musée : Vénus et Adonis, réalisée au siècle suivant par Jacob Jordaens.
Curiosités
Le Retable de la Crucifixion (Anvers, XVIe siècle), un triptyque aux volets peints, accueille en son centre une crucifixion sculptée et dorée.
Ce genre d'œuvres sont fréquentes à l'époque dans nos régions ; celle-ci a été « reconditionnée » par un marchand peu scrupuleux à une époque indéterminée, comme en témoignent les panneaux ajustés pour se combiner à la caisse centrale.
En clair, les différents éléments de ce triptyque ne sont pas « nés » ensemble !
D'autres personnages sculptés issus de retables anversois sont conservés dans la collection, aux côtés de sculptures gothiques provenant de Malines, de France, voire d'Espagne et d'Italie.
Plus inhabituel encore pour le Musée, et plus exotique, citons un vase égyptien du IIIe millénaire avant Jésus-Christ, des sculptures en bois de l'époque ptolémaïque, des coupes précolombiennes en céramique, une Maternité du Zaïre, ou un choix de porcelaines chinoises de la Famille Rose, du nom de leur couleur à base de pourpre de Cassius émaillé.
Website : KMSKB-MRBAB
Bron/Source : Le Soir
