
Antoine Wiertz (1806-1865) est l'un des représentants de la peinture romantique belge. Ce ne sont pas tant ses oeuvres que la démarche toute entière de l'homme qui l'inscrivent dans le courant : ce créateur d'immenses toiles emplies de fougue – Le triomphe du Christ, Les Grecs et les Troyens se disputant le corps de Patrocle, La Chute des Anges, Le Phare du Golgotha –, avouait ouvertement travailler pour la gloire, la sienne et celle de son pays.
En 1850, il écrivit : « Je suis orgueilleux et ne crains point de le paraître sachant qu'aux yeux des gens sensés il n'y a pas lieu avant la fin de l'œuvre d'un homme, de le condamner ou de l'absoudre, et que pour juger un peintre il faut attendre deux siècles au moins ».
Accord avec l'Etat
Et Wiertz s'est donné les moyens de rester dans les mémoires pendant ces deux siècles. Après avoir travaillé à Liège dans une église désaffectée, il s'installa à Bruxelles où il parvint à négocier la construction d'un grand atelier aux frais de l'Etat, en échange de certaines toiles monumentales.
La convention fut établie en 1850 : Wiertz reçut la somme de 30.000 francs pour construire un atelier qui appartiendrait à l'Etat, mais dont l'artiste aurait la jouissance. En contrepartie, il cédait trois peintures, qu'il acceptait d'exposer au public dans son atelier. En somme, l'Etat offrit à un artiste un musée à sa gloire, de son vivant.
L'atelier devient musée
En 1865, Wiertz décède. Selon son souhait, il est embaumé dans la tradition égyptienne, et son cœur, placé dans un coffret de plomb, est placé à l'Hôtel de Ville de Dinant où il est né. Les hommages se multiplient et parmi eux, Emile de Laveleye écrit alors : « La Belgique peut certes inscrire le nom d'Antoine Wiertz, non seulement pour la vigueur de son talent, mais aussi pour la beauté de son caractère, exemple rare de désintéressement absolu et de dévouement complet à l'art et aux poursuites les plus élevées de l'esprit humain ».
Son légataire universel, le futur premier conservateur du Musée, est chargé de sélectionner les œuvres qui seront données à l'Etat. Il donnera tout ce qui se trouve dans l'atelier-musée, soit 206 œuvres et 27 objets personnels.
Pour les exposer au mieux, trois salles sont construites dans les années qui suivent. Dans la foulée, le musée est rattaché aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Témoin d'une époque
Selon la description des guides de l'époque, la première chose que l'on remarque avant même de pénétrer dans le domaine du musée, c'est la colonnade dorique copiée sur le temple de Paestum : le visiteur de l'époque ne peut s'empêcher de se demander, en arrivant devant l'édifice, quelle colonie antique, grecque ou romaine, a bâti ce lieu
Ensuite, le guide note un « jardin géographique » qui représente les différentes villes d'Europe. A l'entrée de l'atelier, deux phrases sont inscrites sur les portes, au fusain, de la main du peintre : l'une sur l'orgueil, l'autre sur la modestie.
A l'intérieur, les œuvres monumentales côtoient les plus petites, dans un accrochage à l'ancienne, sur plusieurs niveaux. Le tout est baigné dans la lumière que diffuse la verrière du toit.
Aujourd'hui, près de 150 ans plus tard, les lieux sont demeurés identiques. L'on peut toujours visiter le Musée Wiertz (1), même si les motivations ont évolué : le lieu témoigne plus aujourd'hui d'une époque révolue, tant en ce qui concerne le jugement de l'histoire de l'art sur l'artiste que sur la muséographie du XIXe siècle. Quoi qu'il en soit, le charme suranné de ce lieu oublié offre un dépaysement sans nul autre pareil à Bruxelles.
En 1850, il écrivit : « Je suis orgueilleux et ne crains point de le paraître sachant qu'aux yeux des gens sensés il n'y a pas lieu avant la fin de l'œuvre d'un homme, de le condamner ou de l'absoudre, et que pour juger un peintre il faut attendre deux siècles au moins ».
Accord avec l'Etat
Et Wiertz s'est donné les moyens de rester dans les mémoires pendant ces deux siècles. Après avoir travaillé à Liège dans une église désaffectée, il s'installa à Bruxelles où il parvint à négocier la construction d'un grand atelier aux frais de l'Etat, en échange de certaines toiles monumentales.
La convention fut établie en 1850 : Wiertz reçut la somme de 30.000 francs pour construire un atelier qui appartiendrait à l'Etat, mais dont l'artiste aurait la jouissance. En contrepartie, il cédait trois peintures, qu'il acceptait d'exposer au public dans son atelier. En somme, l'Etat offrit à un artiste un musée à sa gloire, de son vivant.
L'atelier devient musée
En 1865, Wiertz décède. Selon son souhait, il est embaumé dans la tradition égyptienne, et son cœur, placé dans un coffret de plomb, est placé à l'Hôtel de Ville de Dinant où il est né. Les hommages se multiplient et parmi eux, Emile de Laveleye écrit alors : « La Belgique peut certes inscrire le nom d'Antoine Wiertz, non seulement pour la vigueur de son talent, mais aussi pour la beauté de son caractère, exemple rare de désintéressement absolu et de dévouement complet à l'art et aux poursuites les plus élevées de l'esprit humain ».
Son légataire universel, le futur premier conservateur du Musée, est chargé de sélectionner les œuvres qui seront données à l'Etat. Il donnera tout ce qui se trouve dans l'atelier-musée, soit 206 œuvres et 27 objets personnels.
Pour les exposer au mieux, trois salles sont construites dans les années qui suivent. Dans la foulée, le musée est rattaché aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Témoin d'une époque
Selon la description des guides de l'époque, la première chose que l'on remarque avant même de pénétrer dans le domaine du musée, c'est la colonnade dorique copiée sur le temple de Paestum : le visiteur de l'époque ne peut s'empêcher de se demander, en arrivant devant l'édifice, quelle colonie antique, grecque ou romaine, a bâti ce lieu
Ensuite, le guide note un « jardin géographique » qui représente les différentes villes d'Europe. A l'entrée de l'atelier, deux phrases sont inscrites sur les portes, au fusain, de la main du peintre : l'une sur l'orgueil, l'autre sur la modestie.
A l'intérieur, les œuvres monumentales côtoient les plus petites, dans un accrochage à l'ancienne, sur plusieurs niveaux. Le tout est baigné dans la lumière que diffuse la verrière du toit.
Aujourd'hui, près de 150 ans plus tard, les lieux sont demeurés identiques. L'on peut toujours visiter le Musée Wiertz (1), même si les motivations ont évolué : le lieu témoigne plus aujourd'hui d'une époque révolue, tant en ce qui concerne le jugement de l'histoire de l'art sur l'artiste que sur la muséographie du XIXe siècle. Quoi qu'il en soit, le charme suranné de ce lieu oublié offre un dépaysement sans nul autre pareil à Bruxelles.
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